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Armes de guerre dans la zone de Bitou : Attention, danger !

LEFASO.NET | Tiga Cheick SAWADOGO

vendredi 9 juin 2017

Du sang autour d’un bonnet rouge. Le samedi 20 mai dernier à Mogandé (village situé dans la commune de Bittou à moins d’une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Ghana), deux morts et des blessés ont été enregistrés dans une affaire de chefferie coutumière. Depuis, les esprits semblent apaisés. Mais un citoyen de la localité tire la sonnette d’alarme. La raison, les armes de guerre qui ont été utilisés lors de l’attaque. D’une manière générale, armes et drogue circulent dans cette zone frontalière. Drissa Zampaligré qui nous a rendu visite, demande à l’autorité de se pencher sur cette poudrière silencieuse.

Armes de guerre dans la zone de Bitou : Attention, danger !

Loin de la capitale, et parfois sans que la presse n’en fasse échos, Bittou dans la région du Centre-Est à la frontière avec le Ghana connait une insécurité grandissante. La drogue et des armes de guerre y circulent, selon Drissa Zampaligré ressortissant de la localité.
« La zone est particulièrement sensible, il y a quelques semaines, en pleine journée, il y a un commando, un groupuscule de bandits lourdement armés qui est venu attaquer un dépôt d’argent d’une compagnie téléphonique en pleine journée. Il est reparti vers le Ghana qui est à une dizaine de km de là avec pas moins de 6 millions », rappelle-t-il.

Des cas de ce genre sont légion dans cette partie du territoire, véritable melting pot, où cohabitent Burkinabè, Togolais, Ghanéen…
Quand les bandits interviennent dans la zone, c’est toujours avec des armes de guerre, indique Drissa Zampaligré qui se demande bien comment des individus peuvent se déplacer allégrement « avec tant d’armes », sans être inquiétés. « Plusieurs fois, ils sont venus canarder les gens dans leurs maisons ».

La goutte d’eau du 20 mai

Dans le village de Mogandé à 15 km de Bittou, à quelques kilomètres de la frontière avec le Ghana, une intronisation de chef coutumier a tourné à l’affrontement. Nous sommes le 20 mai 2017. « Il y a un camp qui s’est réuni pour désigner ses chefaillons dans une cour. Pendant qu’ils étaient réunis, un groupe a surgi avec des armes, certains étaient postés autour de la concession, il y aurait même eu des tireurs d’élite dans le groupe ». Les visiteurs ont tiré sur la foule. Résultat : deux mort et de nombreux blessés.

Drissa Zampaligré se demande si ce déferlement de violence était réellement pour le bonnet rouge, ou si cela cachait des desseins inavoués. « Quand on voit le motif supposé et le langage utilisé, on se pose des questions s’il n’y a pas d’autres raisons… Si on laisse ces genres de situation se répéter, des bandits mus par d’autres intentions peuvent profiter s’infiltrer et faire du n’importe quoi au nom d’un soit disant conflit, alors qu’ils ont d’autres objectifs ».

« A l’échelle d’individus, de ménages, de villes, il y a toujours eu des rixes, des mésententes et des incompréhensions entre groupes d’individus, c’est permanent. La différence qui peut faire la gravité d’un cas par rapport à l’autre, c’est la manière dont cela est géré…Toutes les manières sont bonnes tant qu’elles n’utilisent pas la violence », ajoute-t-il en se fondant sur différents conflits qu’il a vécus dans d’autres pays africains, et qui sont partis de faits bénins.

« J’étais en Mauritanie quand le conflit avec les Sénégalais s’est déclenché. C’est parti d’une bagarre banale entre un berger mauritanien et un agriculteur sénégalais. Personne au départ ne pouvait imaginer que le conflit prendrait de telles proportions (…) On ne peut pas avoir vécu ces choses, et voir des situations de ce genre se passer chez soi et ne pas agir… », clame le ressortissant, qui demande alors aux autorités de prendre le problème au sérieux.

La zone, rappelle-t-il, est très sensible et ressemble à un far west, une zone de non droit. La drogue et les armes de guerre circulent. Une insécurité qui serait peut-être alimentée par des événements historiques de l’autre côté de la frontière. Bawkuune ville du Ghana, à moins de 20 km de Bittou a connu un conflit armé sanglant il y a plusieurs années. Des armes sont toujours dans la nature et dans de mauvaises mains.

Même s’il salue l’initiative des autorités régionales, (gouverneur, Forces de défense et de sécurité) qui ‘’avec sagesse et diplomatie’’ ont pu calmer la tension née des évènements du 19 mai, Drissa Zampaligré appelle à des mesures structurelles. Il faut que les citoyens sentent la présence de l’Etat dans cette zone. L’éducation, la santé, des projets de développement, surtout la sécurité des biens et des personnes sont autant d’éléments qui manquent à cette région frontalière du Centre-Est.

« J’ai cru qu’il était de mon devoir de tirer la sonnette d’alarme (…) c’est mieux de prendre le problème au sérieux (…)Il faut éviter que des armes soient utilisées par n’importe qui et n’importe comment dans la zone… », a conclu notre visiteur qui espère être entendu.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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