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Projet Bagrépôle : Après cinq ans d’attente, la livraison des premières d’infrastructures annoncées pour décembre 2017

LEFASO.NET | Moussa DIALLO

mercredi 24 mai 2017

Des lenteurs, des études mal réalisées, des interruptions de travaux du fait de la situation socio-politique nationale… Que d’espoir déçu depuis 2012. Le projet de pôle de croissance de Bagré dénommé Bagrépôle ressemble à un serpent de mer. Au cours d’une séance plénière tenue le 05 mai 2017, la représentation nationale n’a pas manqué d’inviter le gouvernement à prendre ses responsabilités pour une mise en œuvre réussie du premier pôle de croissance économique du Burkina. Nous avons effectué une visite sur le site, le 20 mai dernier. Le retard est incontestable. Mais, les travaux qui ont véritablement « redémarré » en 2016 et les premières livraisons d’infrastructures sont attendues pour fin 2017.

Projet Bagrépôle : Après cinq ans d’attente, la livraison des premières d’infrastructures annoncées pour décembre 2017

Accompagné des techniciens de Bagrépôle, l’équipe de journalistes a d’abord visité les travaux de d’environ 44 km de canalisation dont la livraison est prévue pour décembre 2017 et mars 2018. Puis, ce sont les magasins de stockage d’engrais, les exploitations agricoles aménagés avant même la création de Bagrépôle, des unités d’élevage de poisson et de volaille, des unités de fabrique d’aliments de poisson et de bétail. Enfin, le centre éco-touristique. Toute chose qui a permis de voir la réalité du terrain. « Nous avons reconnu qu’il y a des réalisations, mais beaucoup reste à faire. Ça, ça fait partie de notre leitmotiv et nous sommes vraiment dans cette dynamique pour atteindre les résultats », a confié Pascal Kaboré, le responsable du suivi-évaluation qui a conduit la visite.

Créé en 2012, le projet BagréPôle a connu un grand retard dans son opérationnalisation effective. En 2017, l’essentiel des travaux devrait être terminé en ce qui concerne les travaux de canalisation et d’aménagement des premières superficies irrigables. Mais, ce n’est pas le cas. Loin s’en faut. Cinq ans après, les premières superficies de terres aménagées par le projet Bagrépôle sont encore attendues. La faute à une situation socio-politique mouvementée, explique-t-on.

Pourtant, les attentes sont énormes. « Nous devons reconnaître que le projet Bagrépôle a connu un certain retard. C’est indéniable. Bagrépôle est créé en 2012, la première convention avec les bailleurs de fonds a été signée en 2011. Donc en 2017, on devrait avoir terminé. Mais, depuis 2013, pratiquement rien n’a marché. Le summum de perturbation et de non gérance des institutions a été atteint en 2014. En 2015 également avec la transition, les priorités étaient ailleurs (sécurité, stabilité des institutions républicaines…). Tout cela a créé du tort au projet », explique Joseph Martin Kaboré, le Directeur général de Bagrépôle.

Neuf conseillers agricoles pour 3250 producteurs

La zone d’utilité publique confiée à Bagrépôle est de l’ordre de 500 000 ha. Une zone de concentration de 30 000 ha a été délimitée et c’est là que les activités d’aménagement et de viabilisation se mènent actuellement. Mais, pour la première phase, seulement 13 000 hectares sont concernés par les travaux d’aménagement. Mais, c’est seulement 4400 hectares qui sont en chantier et qui devraient être livré d’ici à fin 2018. Pour le reste, les travaux entendent toujours d’être lancés. Ci fait qu’en parcourant les plaines destinées à Bagrépôle, par endroit, on l’impression d’être dans des zones de friches, si ce n’est simplement de la broussaille.

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Pascal Kabore

Si les magasins d’engrais visités étaient bien fournis, la demande des paysans n’est pas encore totalement couverte. Mais, le véritable hic se trouve au niveau de l’encadrement des paysans installés sur le site. « Nous n’avons que neuf conseillers agricoles pour 3250 producteurs, mais nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour recruter 29 conseillers agricoles supplémentaires. On est aussi en train d’expérimenter la e-vulgarisation. Nous sommes d’accord qu’il faut être plus près des producteurs », soutient Pascal Kaboré.

2016, année de redémarrage effectif des travaux

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Travaux de canalisation

Après une période de léthargie, c’est donc en 2016 que le projet a véritablement redémarré. Ce, après une reprise suivie d’une interruption en 2015 à cause des études mal réalisées. Mais, le patron de premier pôle de croissance du Burkina invite les Burkinabè à l’optimisme. « Entre 2016 et maintenant, nous avons pu remettre à flot la plupart des plateformes économiques (piscicoles, centre éco touristique, le centre d’élevage piscicole). Nous pensons qu’avec ce nouveau démarrage et les perspectives que nous envisageons, on va redonner confiance aux autorités et à la population. A l’horizon 2018, nous aurons 4400 ha de superficies nouvelles », annonce Joseph Martin Kaboré.

Bagrépôle se veut autonome dans sa promotion en installant des agro-industriels de référence. Mais, en tant qu’expérience pilote, le projet a rencontré beaucoup de difficultés sur le plan technique. Mais aussi et surtout des difficultés liées au contexte socio-politique traversé par le Burkina depuis 2013. Mais, rien de surprenant, à en croire le directeur général.

Les premiers périmètres aménagés attendus pour fin 2017

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champ de riz en attente de récolte

« S’il y a eu des insuffisantes, elles étaient attendues, plus ou moins envisagées, s’il y a eu des lenteurs, elles sont dues aux insuffisances des études initiales. Il n’y a rien de catastrophique, tout était plus ou moins prévu », confie-t-il. Avant d’inviter à ne pas confondre un pôle de croissance et un projet de type classique.
« La dynamique de relance est sans doute récente. Avant 2016, ce n’était pas le rythme souhaité. En termes de décaissement, nous sommes partis de moins de 25% en décembre 2015 à 65% du financement Banque mondiale aujourd’hui. Pour nous, c’est un nouveau redémarrage (...) Nous disons qu’en fin 2017, vous allez venir inaugurer les premiers périmètres hydro-agricoles aménagés de Bagrépôle. On parle trop, mais on n’avait même pas un seul hectare d’aménagé. Les 3380 ha étaient déjà là quand Bagrépôle se créait. Donc, c’est vital pour nous. On a redémarré et on avance à vitesse grand V pour essayer de rattraper le retard perdu », précise-t-il.

« Le pôle est à Bagré, la croissance à Ouaga » : Le DG invite à situer cette critique dans son contexte

Lors de la séance plénière du 05 mai, le président de l’Assemblée nationale avait rappelé qu’au cours d’une visite à Bagré, les populations avaient estimé que le pôle est à Bagré, mais la croissance est à Ouagadougou. Invité à se prononcer sur cette critique, le directeur général de Bagrépôle, Joseph Martin Kaboré invite à situer cette phrase dans son contexte. « Ces élus sont venus ici en mars 2015. On venait de sortir de l’insurrection, et les partis politiques étaient en campagne. Cette expression est sortie. Le contexte politique se prêtait à ces genres de critiques. Et, je dois reconnaître que certaines choses étaient à l’arrêt. Le CET par exemple tel qu’il fonctionne actuellement avec le repreneur actuel, il n’a redémarré qu’en mars 2016. Nous aurions souhaité qu’on situe la critique dans son contexte et dans son époque. Nous disons qu’actuellement, nous avons énormément évolué et ce cliché qui avait été fait est dépassé. Il a pu être vrai en son temps, mais il est totalement dépassé et obsolète aujourd’hui », explique-t-il.

L’Assemblée nationale avait invité le gouvernement à envoyer une mission de contrôle afin de s’assurer de la réalité sur le terrain plus que de se laisser tromper par « les chiffres bureaucratiques de la direction de Bagrépôle ». Au cours de cette semaine, le conseil d’administration dans son entièreté devrait s’y rendre pour découvrir les infrastructures, toucher du doigt les difficultés et donner des recommandations et orientations. Quelques membres du gouvernement pourraient également faire partie de la délégation, nous a-t-on confié. Toute chose qui permettra sans doute de confronter les chiffres à la réalité.

Avis de quelques producteurs

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Aboubacar Nikiema

Hamado Dabré, Président de l’association Sougr-Nooma de producteurs de bananes
Nous souhaitons avoir de plantes de bananier de meilleure qualité parce que celles que nous avons actuellement ne peuvent pas dépasser quatre ans sans être atteints par des parasites. C’est notre principale préoccupation actuellement. Si non, on n’a pas de problème d’écoulement de nos produits. Nous avons aussi accès à de l’engrais de bonne qualité à des prix raisonnables grâce à Bagrépôle.
Aboubacar Nikiéma, un autre producteur de bananes embouche la même trompette. Pour lui, la principale préoccupation était le démarrage effectif de leurs activités. « Nous avons 70 ha et nous sommes 19 producteurs de bananes répartis en deux groupements. Sur un ha, nous pouvons récolter 35 tonnes à l’hectare deux fois par an, ce qui fait 3,5 millions de francs CFA de vente », précise-t-il.

Tiendrébeogo, producteur de riz

Les années antérieures, on avait des difficultés pour acquérir de l’engrais, mais depuis quelques temps, ce problème est résolu et on remercie Dieu. Actuellement, nous avons des difficultés pour avoir du matériel moderne de travail. Nous regrettons aussi le fait que certains producteurs utilise de l’engrais de mauvaise qualité, non homologué.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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